Déchets, emballages et recyclage

Composter pour réduire ses déchets : techniques, principes et solutions

Un français produit en moyenne 568 kg de déchets par an.1 Comment composter peut réduire notre impact environnemental ? Quelles sont les techniques de compostage et quelles solutions existent en Loire-Atlantique ?

Réduire ses déchets, une nécessité

La quantité totale de déchets produits a doublé en 40 ans.2 La croissance de la population, de la consommation et la production de produits plus éphémères sont les raisons de cette augmentation.

Afin de répondre aux enjeux climatiques, il est nécessaire de réduire nos déchets de toutes origines. Il en existe certains sur lesquels nous n’avons que peu la main. Mais la réduction de nos déchets ménagers est à notre portée. « Notre poubelle « contient » environ 200 kg équivalent carbone par personne et par an environ soit un petit 10% des émissions moyennes par Français. »3

Le recyclage, le réemploi et la revalorisation sont autant de solutions qui permettent de réduire l’impact environnemental de nos déchets ménagers. L’action de tri pour le recyclage n’est malheureusement pas encore systématique. Le réemploi et la revalorisation sont aussi possibles avec l’aide des recycleries et ressourceries (dont j’ai parlé ici).

Quels traitements pour nos déchets organiques ?

Environ 1/3 des déchets que nous produisons sont organiques.1 Les déchets organiques correspondent aux déchets alimentaires, aux déchets végétaux ainsi qu’aux papiers et cartons.

Jeter ses déchets organiques à la poubelle

Les déchets organiques sont composés à 83% d’eau4. En ce qui concerne les déchets alimentaires, 31% sont incinérés. Ainsi, mettre des déchets alimentaires dans une poubelle revient donc, en partie, à brûler de l’eau… (vous aussi vous avez froncé les sourcils en lisant ça ? 🤔)

Collecter et transporter les déchets organiques pollue

En jetant ses déchets organiques à la poubelle, on les intègre au circuit de traitement des déchets. Ce circuit comprend des déplacements routiers pour la collecte, l’utilisation de machines pour la gestion des déchets, l’incinération des déchets, etc. Ce traitement est évidemment émetteur de gaz à effet de serre.

Les gaz à effet de serre émis par la collecte et le transport de déchets représentent 20% des émissions liées aux déchets.5

Traiter les déchets organiques émet des gaz à effet de serre

Les déchets alimentaires sont à 86% brûlés ou enfouis dans le sol. Il en est d’ailleurs de même pour 19% du carton et 38% du papier.4 Ces deux méthodes de traitement émettent du CO2 et du CH4 qui, même valorisés, restent deux des principaux gaz à effet de serre.

Composter pour réduire son impact environnemental

Le résidu du compostage, c’est ce que l’on appelle le compost. Il est riche en nutriments utiles à la croissance des plantes. Ainsi, il permet une meilleure fertilité du sol.6 Son utilisation évite notamment la production d’engrais de synthèse ou issus d’extractions. Cette production, ainsi évitée, limite l’émission de gaz à effet de serre.

Ce point positif n’est vrai que si le compostage respecte une sélection stricte des produits compostés.

Le compost est riche en CO2. Une fois remis dans le sol, il se fixera sur les plantes. Ce CO2 induit par le compostage n’est donc pas comptabilisé dans les émissions de gaz à effet de serre. Ce phénomène créé un stockage de CO2 dans le sol que l’on appelle un puit de CO2.6

Techniques et principes de compostage

Les collectivités peuvent participer financièrement à l’installation d’un composteur. Si cela vous intéresse, n’hésitez pas à demander l’aide de votre commune.

Le compostage classique : tas ou composteur

C’est le plus pratique dans un grand jardin et il nécessite peu d’entretien. Mais c’est aussi le plus lent. C’est soit un tas dans un espace défini, soit un composteur fermé (évitant notamment la venue des animaux).

Ce compostage peut être individuel ou partagé (entre voisins) au sein d’un immeuble par exemple.

Le compostage classique en 2 étapes : seau et composteur partagé

C’est une solution possible en ville. Le principe est simplement de collecter les déchets organiques dans un seau fermé. Une fois plein, le seau doit être vidé dans un composteur partagé.

Ces composteurs partagés se multiplient dans les villes. A Nantes, c’est Compostri qui gère le service. Il faut adhérer à l’association pour accéder au composteur. Pour trouver un composteur proche de chez vous, suivez ce lien. Le service est parfois gratuit et en libre accès dans d’autres communes.

Le lombricompostage

C’est la méthode de référence en appartement. Son gros avantage c’est qu’elle peut se faire en intérieur. Les vers présents dans le composteur favorisent et accélèrent le compostage. On peut en récupérer le lombrithé, un jus issu de la décomposition des déchets. Il constitue un engrais efficace qui n’altère pas l’environnement (contrairement à certains engrais de synthèse). Le lombricompostage nécessite un peu de temps de travail car il faut en partie découper les aliments avant de les introduire dans le composteur. La mise en route doit être lente et progressive.

Pour tout savoir sur le lombricompostage, je vous conseille le site Plus2vers qui est clairement une référence dans le domaine.

Le compostage classique et le lombricompostage doivent respecter une règle primordiale. Il s’agit de l’équilibre entre les matières azotées (épluchures de fruits et légumes) et les matières carbonées (papier, carton, feuilles mortes, branches, etc.). Aidez-vous du document ci-dessous.

Source

Le Bokashi

Une autre technique qui se fait plutôt en appartement. C’est un contenant dans lequel on répartit ses déchets organiques d’origines végétales et animales. On y ajoute ensuite un accélérateur de décomposition. On peut là aussi récupérer le jus issu du compostage (engrais naturel). Au bout de seulement quelques semaines, les déchets sont pré-compostés. Il faut ensuite les ajouter à un composteur classique pour finir la décomposition. Cette méthode est plus coûteuse car elle oblige l’achat d’un accélérateur de décomposition. Elle nécessite aussi l’accès à un composteur classique.

Quelle que soit la méthode, il faut respecter certaines règles pour réussir son compostage. Renseignez-vous avant de vous lancer et suivez l’aide de cette petite synthèse 😉

Des solutions à toutes échelles, la Tricyclerie à Nantes

Même si cela demande un petit effort, il est facile de se mettre au compostage chez soi. Mais qu’en est-il en entreprise, au bureau ou dans son restaurant ?

A Nantes, une association a décidé d’inciter au compostage (le classique) des professionnels et des particuliers. Il s’agit de la Tricyclerie.

Pour les professionnels, le principe est très simple. Vous créez un partenariat avec la Tricyclerie. Au quotidien, vous collectez vos déchets organiques dans le seau. Puis, aux fréquences souhaitées, l’association passe récupérer vos déchets sur votre lieu de travail. En vélo parce que c’est plus écolo 🚲. Vos déchets seront traités avec soin pour un compostage de haute qualité. L’association distribue ensuite le compost aux professionnels et particuliers nantais (#local).

Bonne nouvelle, la procédure existe aussi pour les particuliers ! L’adhésion vous donne accès à un point de collecte des déchets organiques mis en place par la Tricyclerie. Les déchets seront compostés puis valorisés, comme dans la démarche professionnelle.

Réduire ses déchets est indispensable aujourd’hui. Le compostage en est une des solutions, tout autant que l’achat d’occasion ou la consigne dont j’ai parlé ici. Chaque effort compte. Et une somme de petits efforts faits par tout le monde compte encore plus ! 😉

Sources
  1. https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/dechets_chiffrescles_essentiel2018_010690.pdf--
  2. https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/exposition-essentiel-dechets-3-panneaux.pdf-
  3. https://jancovici.com/changement-climatique/les-ges-et-nous/combien-de-gaz-a-effet-de-serre-dans-notre-poubelle/-
  4. https://www.bilans-ges.ademe.fr/documentation/UPLOAD_DOC_FR/index.htm?dechets_organiques.htm--
  5. http://www.environnement.ens.fr/IMG/pdf/atelier_bilans_carbone_2016_4__bilan_carbone_du_traitement_des_dechets_loye_160308.pdf-
  6. https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/84270_emissions_compostage.pdf--

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