Mode éthique

Fast-fashion VS. mode éthique : moins mais mieux avec Loom

100 milliards de vêtements sont vendus chaque année dans le monde.1 Quel est l’impact environnemental et humain de cette production ? Pourquoi la « fast-fashion » et son modèle de croissance ne peut être durable et s’appliquer à une mode plus éthique ? Loom un projet qui produit moins mais mieux, un modèle de mode éthique et durable.

Mode et impact environnemental

Avec 2,1 milliard de tonnes de gaz à effet de serre (GES) émis chaque année2, l’industrie textile a un impact environnemental réel notamment lié sa production de matières premières.

Le polyester est aujourd’hui la matière première la plus produite pour l’industrie textile. Malheureusement, il provient à 70% du pétrole3, une ressource fossile limitée dont les stocks sont déjà en partie épuisés4. A chaque lavage, ces fibres en polyester libèrent des microfibres plastiques qui finiront dans l’océan. Chaque année c’est l’équivalent de 50 milliards de bouteilles en plastique qui finissent dans l’eau terrestre5.

L’agriculture du coton, qui représente 1/4 des productions textiles, comporte elle aussi des effets néfastes pour l’environnement. Elle nécessite énormément d’eau. L’équivalent de 70 douches pour produire 1 tee-shirt.3 En plus de l’eau, l’agriculture du coton consomme des pesticides qui, à excès, sont nocifs pour les nappes phréatiques et les cours d’eau.6 L’agriculture du coton ne se fait pas non plus en France car le climat ne permet pas de le faire pousser. Et donc même Made in France, un vêtement en coton nécessite des trajets qui eux aussi polluent.

A ces éléments s’ajoutent les teintures toxiques, qui finissent aussi dans les océans (20% de la pollution des eaux mondiales3) ainsi que le transport des vêtements (souvent en avion). Et finalement, ce sont 80% de nos vêtements qui finissent à la poubelle pour être incinérés ou enfouis.7

C’est ainsi que l’industrie textile est responsable de 4% des émissions mondiales en GES en 2018.8

On ne le répètera jamais assez, mais toute production a un impact environnemental. Et celui de l’industrie textile est loin d’être négligeable.

Mode et éthique

L’industrie textile, dans son histoire récente, est loin d’avoir eu comme valeur première l’éthique. En effet, son modèle est davantage celui de la croissance économique à tout prix. C’est surtout et particulièrement le cas des grandes entreprises de la mode.

Quelques éléments qui témoignent de l’absence d’éthique dans les grandes entreprises de la mode :

  • la délocalisation des entreprises et donc l’exploitation économique des employés (les joies du made in Bengladesh ou Pakistan…)
  • l’exposition des employés à des matières toxiques : pesticides, hydroxyde de sodium, disulfure de carbone, éthoxylates de nonylphénol (pour fixer les couleurs), formaldéhyde cancérigène (pour les vêtements sans repassage), etc. (et la liste est loin d’être finie… 😟)
  • l’utilisation de fibres animales et ses dérives (élevages intensifs à courts termes)
  • Etc…

Je suis sûr que vous le saviez, mais rien de mal à le rappeler, l’industrie textile n’est donc vraiment pas un modèle éthique.

Fast-fashion et croissance

Mais du coup, pourquoi les grandes entreprises textiles continuent de produire selon des stratégies néfastes pour la planète (et pour les humains) ?

Tout simplement parce que dans la représentation du monde dans lequel nous sommes, réussir c’est croître. Sauf que le problème c’est que croissance économique va aussi de pair avec augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

Evolution tendancielle des émissions de CO2 en Europe de l’Ouest sur la base d’une croissance économique de 2% par an sans modification de la proportion respective des sources d’énergie.
La courbe rouge représente les émissions de CO2, en millions de tonnes équivalent carbone (axe vertical de gauche). Le trait noir horizontal (à droite) représente la limite imposée par Kyoto.9

Mais alors, pourquoi les grandes entreprises veulent absolument croître sans arrêt ?

La réponse à cette question se trouve dans le financement des grandes entreprises (textiles). Ces dernières sont bien souvent financées par des actionnaires qui eux ont clairement pour objectif la croissance économique des entreprises. Pour en savoir plus sur ce sujet, je vous conseille de lire cet article et de regarder cette vidéo.

Mode éco-conçue et compensation, un modèle durable ?

Et du coup, comment faire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’industrie textile ?

Deux solutions explosent actuellement dans le monde de la mode et du textile : l’éco-conception et la compensation.

L’éco-conception c’est la production avec la prise en compte de l’environnement dans le choix des matières premières. C’est par exemple concevoir avec des fibres recyclées (comme les polaires), utiliser du coton bio ou privilégier un emballage en papier recyclé. Un choix encourageant puisqu’il évite des émissions de GES.

La compensation c’est payer pour inciter des actions qui compensent la pollution émise. Le grand truc à la mode c’est de planter des arbres pour compenser le CO2 émis.

Ces deux actions sont bien évidemment louables, mais elles ne permettent absolument pas de résoudre le problème. S’il fallait compenser nos émissions de CO2 (de toutes origines) en plantant des arbres, il faudrait alors recouvrir d’arbres l’ensemble de la surface terrestre.10 De grandes marques comme H&M ou C&A utilisent 100% de coton bio ou recyclé11 mais sont loin d’avoir un bilan carbone faible.

Pour résoudre le problème, il faut le prendre à la source qui est la production. Ce n’est qu’en produisant moins que les émissions de GES diminueront.

Et pour moins produire, il faut tout simplement consommer moins. Dans un monde aux ressources finies, un modèle de croissance perpétuelle est forcément vouée à l’échec. Il faut alors nécessairement modifier sa manière de consommer. « Nous ne pouvons à la fois demander aux politiques la réduction collective des émissions et souhaiter pour nous-mêmes la croissance de nos consommations individuelles. »12

Si nous ne changeons pas nos habitudes de consommation d’ici 2050, le secteur textile émettra 26 % des émissions globales de GES.3

Mode éthique d’occasion et labels environnementaux

De nombreuses solutions plus ou moins évidentes existent déjà pour limiter les impacts de l’industrie textile.

  • Acheter d’occasion

Un sujet déjà traité ici qui a un réel impact environnemental. N’oubliez pas de passer par les ressourceries et friperies pour les vêtements d’occasion 😉 Bien évidemment, éviter les achats à distance nécessitant des transports sur lesquels vous n’avez pas la main.

  • Revendre ou donner

Si ça ne vous sert plus autant s’en débarrasser. Et plutôt que de le jeter, autant que votre vêtement serve à quelqu’un d’autre ou qu’il soit recyclé (à condition que son recyclage soit efficace).

  • (Faire) réparer

Par vous même, un(e) ami(e) ou un professionnel. Si vos vêtements sont de qualité et que vous souhaitez les garder, il vaudra toujours mieux les (faire) réparer plutôt qu’ils soient détruits.

  • Labels pour l’achats de vêtements

Pour l’achat de vêtements neufs, choisissez des labels qui en garantissent des conditions de production plus écologiques et éthiques.

Attention de ne pas tomber dans le piège des labels textiles. Il en existe plein dont certains sont très discutables. A vous de voir ce que vous privilégiez, mais renseignez-vous avant de faire confiance à un label. OCS et GOTS semblent les plus fiables surtout s’ils sont combinés.

Loom : moins mais mieux, modèle de mode éthique

Bon après tout ça, vous allez me dire qu’aucune marque de vêtements n’a un modèle de conception qui est de moins produire, sinon elle coulerait. Et bien n’en soyez pas si sûr ! Vous connaissez Loom ? Leur ligne de conduite : « Moins mais mieux ».

Cette marque fabrique des vêtements de grande qualité en respectant un protocole rigoureux dans la fabrication. Chaque élément est conçue pour être solide et durable. D’ailleurs la marque explique rigoureusement chaque élément et étape de fabrication de ses vêtements. Sa communication est d’une transparence hors norme.

Une obsession pour la qualité, une production européenne en France et au Portugal, du coton bio (pourquoi bio ?), un financement éthique (pourquoi un financement éthique ?), une production qui respecte les humains et les animaux, pas de soldes qui poussent à consommer… Un modèle d’entreprise qui devrait être celui de toutes les industries textiles.

Chez Loom, ne vous attendez donc pas à découvrir 50 modèles de pantalon ou de tee-shirt, il n’y en aura qu’un. Et oui parce que pour faire de la qualité, il ne faut pas faire de la quantité (rappelez vous, croissance = émissions de GES).

Il n’existe pas encore de ligne pour femmes mais pour les suivre de près, je crois que c’est dans les cartons… 😉

Loom tient aussi un blog d’une grande qualité sur la mode éthique. Je vous encourage à le consommer sans modération celui-là 😉 Et merci Loom, car de nombreuses sources et réflexions proviennent de ce blog !

Un seul regret, c’est ne pas trouver de vêtements Loom d’occasion. Mais en même temps quand on fait de la qualité pour des consommateurs responsables c’est presque logique…

Sources
  1. https://multimedia.ademe.fr/infographies/infographie-mode-qqf/-
  2. https://www.mckinsey.com/~/media/McKinsey/Industries/Retail/Our%20Insights/Fashion%20on%20climate/Fashion-on-climate-Full-report.pdf-
  3. https://multimedia.ademe.fr/infographies/infographie-mode-qqf/----
  4. https://jancovici.com/transition-energetique/petrole/a-quand-le-pic-de-production-mondial-pour-le-petrole/-
  5. https://multimedia.ademe.fr/infographies/infographie-mode-qqf/-
  6. https://multimedia.ademe.fr/infographies/infographie-mode-qqf/-
  7. https://multimedia.ademe.fr/infographies/infographie-mode-qqf/-
  8. https://www.mckinsey.com/~/media/McKinsey/Industries/Retail/Our%20Insights/Fashion%20on%20climate/Fashion-on-climate-Full-report.pdf-
  9. https://jancovici.com/changement-climatique/economie/la-croissance-economique-fait-elle-de-leffet-de-serre/-
  10. https://jancovici.com/changement-climatique/gaz-a-effet-de-serre-et-cycle-du-carbone/ne-suffit-il-pas-de-planter-des-arbres-pour-compenser-les-emissions/-
  11. https://textileexchange.org/wp-content/uploads/2020/08/Textile-Exchange_Organic-Cotton-Market-Report_2020-20200810.pdf-
  12. https://jancovici.com/changement-climatique/agir-individuellement/effectuer-sa-ba-pour-agir-contre-le-changement-climatique-quelques-ordres-de-grandeur/-

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