Numérique

Impact environnemental lié au numérique, e-mails et Thunderbird

L’envoie d’e-mails, une habitude prise par presque tous aujourd’hui, contribue à notre impact environnemental lié au numérique. Réduire cet impact passe nécessairement par une meilleure utilisation du numérique et l’optimisation de ces e-mails grâce à des outils comme Thunderbird.

État des lieux des e-mails dans le monde et en France

Chaque jour, environ 293 milliards d’e-mails sont envoyés dans le monde (en 2019 et hors spam)1. Ce chiffre, en croissance, témoigne de l’importance de l’e-mail dans nos pratiques quotidiennes. En France, 1,4 milliard d’e-mails sont envoyés par jour (hors spam). Un internaute français reçoit donc en moyenne 39 courriers électroniques par jour.2

Il faut savoir que le spam (e-mail publicitaire) représente entre 55 et 95 % du trafic total des courriers électroniques. Environ 90% des spam sont filtrés en amont par les messageries et sont donc invisibles pour les utilisateurs.34

E-mails et impact environnemental lié au numérique

Les impacts environnementaux liés aux e-mails sont de natures différentes et dépendent directement de notre recours à l’industrie électronique. En effet, l’impact environnemental de l’e-mail ne peut pas être traité indépendamment de l’impact numérique global, auquel il est forcément rattaché.

E-mails et impact environnemental du numérique sur l’utilisation de métaux

L’industrie électronique est consommatrice de métaux tels que le cuivre, l’aluminium ou d’autres métaux rares. Il est alors possible d’exprimer le poids de l’e-mail dans sa contribution à cette consommation de métaux par sa dépendance à l’industrie électronique. Un e-mail de 1 Mo contient ainsi l’équivalent du poids d’une pièce de 1 euro en métaux.5

E-mails et impact environnemental du numérique par eutrophisation de l’eau

L’industrie de l’informatique produit les ordinateurs nécessaires aux e-mails. Cette production contribue par ailleurs à l’émission de phosphate. Rapporté à un courrier électronique de 1 Mo, c’est ainsi l’équivalent de 1,7 mg de phosphate qui est potentiellement émis dans l’eau.5 Malheureusement, ce phosphate est responsable du dérèglement des milieux aquatiques par eutrophisation. Ce phénomène conduit à la multiplication d’algues nocives pour les eaux. Ce dérèglement a un impact fort sur la destruction d’espèces animales marines.

E-mails et consommation d’énergie

Enfin, envoyer un courrier électronique nécessite de l’énergie. Toujours pour un e-mail de 1 Mo à une personne, c’est l’équivalent de 25 Wh de consommation directe. Cela correspond à 25 min d’utilisation d’une ampoule de 60W. Cette consommation augmente évidemment si le nombre de destinataires augmente.5 Cette utilisation d’énergie correspond ainsi à un potentiel de réchauffement climatique de 19 g équivalent CO2. En considérant que nous recevons 39 e-mails par jour et par personne2, cela représente en 1 an, l’équivalent en émissions de CO2 de plus de 2000 km parcourus en voiture.6

Numérique et e-mail « dématérialisés » pour réduire l’impact environnemental ?

L’évolution vers un monde numérique semble être une solution pour « dématérialiser » nos supports et réduire notre impact environnemental. Seulement le numérique est par définition dépendant de productions matérielles, de réseaux électriques, d’espaces de stockage, de serveurs etc. Ainsi, il représente aujourd’hui près de 4% des émissions mondiales en gaz à effet de serre (GES).7 Les serveurs, dont les e-mails dépendent en partie, consomment, à eux seuls, 4% de l’électricité mondiale.8

Le numérique n’est pas « dématérialisé » et il l’est d’ailleurs de moins en moins. Son empreinte carbone augmente de presque 10 % par an.8 Avec les tendances actuelles d’ici 2025, le digital pourrait être aussi polluant que le milliard de voitures, qui représentent 6% des émissions mondiales en GES.8

Le bilan carbone de notre activité liée au numérique est pour 70% rattaché à la phase de production des appareils nécessaires à son utilisation (ordinateurs, tablettes mais aussi les serveurs et le réseau).9 Cette proportion amène à penser l’impact de l’e-mail comme nécessairement rattaché à celui des terminaux dont il dépend.

Les terminaux que nous utilisons au quotidien sont les ordinateurs, smartphones ou tablettes qui nous permettent notamment d’exploiter les courriers électroniques. La phase de production de ses appareils représente 39% des émissions en gaz à effet de serre individuelles liées au numérique.10 La seconde phase émettrice en gaz à effet de serre est celle de l’utilisation des appareils. En fonction des pays, les impacts individuels liés à ces deux phases peuvent ainsi atteindre 59% à 84%.10

Prendre des habitudes pour réduire son impact environnemental lié au numérique et aux e-mails

L’impact environnemental des e-mails s’appréhende à deux échelles : celle des utilisateurs et celle des infrastructures (les fameux Data Centers).

Au niveau des utilisateurs

A l’échelle des utilisateurs, les impacts peuvent être modérés à la fois concernant le terminal utilisé (ordinateur, smartphone, …) mais aussi dans l’utilisation et la gestion des boîtes e-mails.

L’achat et la gestion du terminal pour l’envoi des courriers électroniques

Augmenter la durée de vie des appareils supports permet de diminuer fortement l’impact du numérique et donc indirectement celui des e-mails. L’allongement de la durée de vie d’un ordinateur portable de 3 à 5 ans dans une entreprise permettrait de réduire de 37% les émissions de GES liés aux terminaux.7 (impact +++)


Faire le choix d’un appareil d’occasion ou reconditionné. Ce choix évite une production supplémentaire qui est la plus impactante sur l’environnement. La production des ordinateurs représente une consommation énergétique du même ordre de grandeur que celle de l’utilisation des data centers ou de l’utilisation des réseaux.7 Si vous avez besoin d’aide pour l’achat de matériel informatique d’occasion, référez-vous à cet article. (impact +++)

Réduire le nombre de mails reçus et envoyés

Arrêter les mails inutiles qui peuvent être évités. Chaque mail évité n’implique pas le potentiel de changement climatique de 19g équivalent CO2.11 (impact ++)


Se désabonner des newsletters. Pour la même raison ces « pourriels » que vous supprimez automatiquement ont le même potentiel de changement climatique que les autres e-mails (et vous poussent en plus à consommer donc à augmenter votre empreinte carbone) (impact ++)


Diminuer au maximum le nombre de destinataires des e-mails. Eviter l’utilisation du bouton « répondre à tous » si ce n’est pas utile. N’envoyer les messages qu’aux intéressés en utilisant des listes de diffusion réduites. Si le potentiel de changement climatique d’un mail pour 1 destinataire est de 19g équivalent C02, celui pour 2 destinataires est de 25, pour 3 de 31, etc. 11 (impact +)

Gérer ses boîtes e-mails et envisager des alternatives

Privilégier des plateformes partagées pour l’échange de documents collaboratifs. Ces supports permettent alors d’éviter le recours aux pièces jointes. Une utilisation systématique de ces plateformes permettrait de réduire de 81% les émissions de GES liées à l’échange de documents dans une entreprise7 (pour un mail de 1 Mo) (impact ++)


Faire régulièrement du tri dans ses boîtes mails. En supprimant les courriers inutiles, les spams, en vidant la corbeille. Un mail de 1 Mo conservé 1 an en moyenne équivaut à 19g équivalent CO2. Ce potentiel de réchauffement climatique tombe à 16g si le mail n’est conservé que 3 mois.11 (impact +)


Si la pièce jointe est longue à lire, privilégiez l’impression du document. Au-delà de 3 minutes de lecture à l’écran par page, il est alors préférable d’imprimer le document en noir et blanc, recto-verso avec 2 pages par feuille.11 (impact + en fonction de la taille du document)


Enregistrer les pièces jointes sur des supports externes au réseau (ordinateur, clé USB, etc.) (impact + en fonction de la taille du document)

Envoyer des liens hypertextes plutôt qu’une pièce jointe. Cela permet de réduire le poids de l’e-mail si le document est exploitable depuis le lien. (impact + en fonction de la taille de la pièce jointe et du nombre de destinataire)

Cette analyse permet de comprendre que le plus gros levier pour réduire notre impact lié au numérique est celui des appareils supports. Il est donc important de garder à l’esprit que la réduction de notre impact lié au numérique passe avant tout par une consommation plus durable de nos appareils électroniques.

Au niveau des infrastructures

Ces actions ne sont pas accessibles par les utilisateurs, mais par les infrastructures elles-mêmes. Elles concernent notamment la réduction de la consommation énergétique des data centers. C’est notamment par une meilleure gestion de la climatisation des data centers que peut s’envisager cette réduction. L’autre axe de progression concerne l’amélioration de l’efficacité énergétique des data centers.57

Thunderbird, un outil pour réduire son impact environnemental lié aux e-mails

A l’échelle de l’utilisateur, difficile de gérer au quotidien l’ensemble de ses boîtes e-mails. L’utilisation d’un client de messagerie aide alors à ne pas être submergé par ses boîtes mails. Un atout pour respecter une partie des bonnes habitudes expliquées ci-dessus.

Le client que je vous conseille c’est Thunderbird. Un logiciel libre, sécurisé et performant.

Une fois installé et paramétré, Thunderbird permet de gérer l’ensemble de vos boîtes mail en une seule fenêtre. La navigation d’une boîte mail à l’autre est ainsi beaucoup plus rapide. Rien de plus facile ensuite de se désabonner de vos newsletter, de supprimer vos e-mails, etc.

Sur Thunderbird, vous pouvez aussi créer des filtres pour reconduire certains messages rattachés à des adresses e-mail. En fonction de votre paramétrage, les messages sont ainsi déplacés directement dans des dossiers ou envoyés à la corbeille. Thunderbird permet d’ailleurs de programmer la suppression des messages dans la corbeille de façon automatique.

Petit bonus, Thunderbird intègre aussi un agenda pour organiser au mieux votre vie professionnelle et personnelle.

Thunderbird est un outil complet et efficace pour vous aidez à gérer vos e-mails. Rappelez-vous qu’une meilleure gestion vous aidera à réduire l’impact environnemental de vos courriers électroniques. Cet impact environnemental est à considérer dans l’ensemble de notre impact lié au numérique qui passe avant tout par la production de nos appareils électroniques. Rien de bien compliqué, ni de très long donc à vous de jouer 😉

Pour le plaisir, un dernier petit chiffre qui fait aussi réfléchir. Le seul courrier électronique d’une entreprise de 100 personnes génère chaque année 13,6 tonnes d’équivalent CO2, soit l’équivalent de 14 allers-retours Paris et New York en avion.11

Sources
  1. https://www.radicati.com/wp/wp-content/uploads/2018/12/Email-Statistics-Report-2019-2023-Executive-Summary.pdf-
  2. https://www.arobase.org/actu/chiffres-email.htm--
  3. https://www.altospam.com/actualite/2015/05/les-virus-reviennent-en-trombe-statistiques/-
  4. https://www.signal-spam.fr/accueil/le-spam/-
  5. https://presse.ademe.fr/files/acv_ntic_synthese_courrier_electronique.pdf----
  6. Proportion calculée sur la base des résultats de cette recherche : https://presse.ademe.fr/files/acv_ntic_synthese_courrier_electronique.pdf-
  7. https://theshiftproject.org/wp-content/uploads/2018/11/Rapport-final-v8-WEB.pdf-----
  8. https://jancovici.com/publications-et-co/articles-de-presse/obesite-numerique/---
  9. http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/redaction_multimedia/2020/2020-Documents_pdf/20200624_Conf_presse_Dev_Dur/20200624_Conf_Dev_Dur_Synthese_du_rapport.pdf-
  10. https://www.greenit.fr/wp-content/uploads/2019/10/2019-10-GREENIT-etude_EENM-synthese-accessible.VF_.pdf--
  11. https://presse.ademe.fr/files/acv_ntic_synthese_resultats.pdf-----

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